Discours lors de la réception à la Résidence de France en l’honneur du 2ème colloque juridique régional organisé par le Centre d’Etudes de Droit Français de l’université Thammasat – le 20 décembre 2018

Professeur Dr Udom Rathamarit, Doyen de la Faculté de Droit
Professeur Dr Nontawat Nawatrakulpisut, Directeur du Centre d’études de droit français
Mesdames et Messieurs les représentants des Facultés de Droit des Universités francophones du Sud-Est Asiatique
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir à la Résidence de France à l’occasion du 2ème Colloque juridique interzone organisé par le Centre d’études de droit français de la faculté de droit de l’Université de Thammasat et les facultés de droit des universités francophones du Sud-Est Asiatiques.

Vous avez choisi de traiter de l’évolution de la place du contrat dans nos sociétés. Vaste sujet que je ne saurais évoquer en quelques minutes, voire en quelques heures, tant il induit des relations nouvelles dans les domaines juridiques, sociaux, administratifs ou même institutionnels, dans chacun de vos pays.

Rassurez-vous, je ne retiendrai pas trop longtemps votre attention même si vos travaux d’aujourd’hui et de demain sur l’ascension du contrat me renvoient à des notions qui me sont plus familières comme la place de la loi, l’organisation de l’Etat, les modalités de gestion des services publics et le mode d’exercice de l’autorité. Cette montée en puissance de l’ordre contractuel au cours des dernières décennies va en effet de pair avec la remise en cause de l’exclusivité de la loi et de la prééminence de l’Etat qui a vu émerger des légitimités nouvelles et concurrentes de la sienne.

Rien d’étonnant à ce que l’Université de Thammasat qui est au cœur de l’histoire politique contemporaine du Royaume de Thaïlande se saisisse de ce sujet. C’est l’occasion pour moi de souligner le rôle majeur qu’elle joue depuis si longtemps dans la coopération franco-thaïlandaise. Et même si votre université a développé des partenariats très important dans toutes les disciplines, qu’il s’agisse des sciences politiques, des sciences humaines et sociales ou des sciences dures, c’est bien dans le domaine du droit que les liens avec la France sont particulièrement denses. Plus de la moitié des quarante professeurs de droit de votre faculté sont titulaires d’un doctorat français.

Comme nombre de juristes thaïlandais, beaucoup d’entre vous sont issues de cette longue et tradition d’échange entre nos deux pays. Le parcours de votre fondateur, Pridi Banomyong, qui pendant de ses études de droit à la Sorbonne a rédigé la constitution de 1932 à l’origine de la monarchie constitutionnelle, en est certainement la plus belle des illustrations.

Aujourd’hui, cette relation avec la France se perpétue et s’élargit davantage encore grâce au rôle fédérateur de l’Université de Thammasat au sein du réseau des facultés de droit des universités francophones du Sud-Est Asiatique. En témoigne la présence ce soir de nombreux représentants des facultés et universités du Cambodge, du Laos et du Vietnam, que je remercie sincèrement pour leur participation à votre colloque.

Je me réjouis également que vous ayez décidé d’associer à vos travaux des experts français. Il est vrai que même la France, qui était profondément ancrée dans le modèle de régulation étatique est, elle aussi, entrée dans une phase de transition vers la société contractuelle. C’est pourquoi vous me permettrez de saluer les représentants des universités d’Aix-Marseille, de Bourgogne-Franche-Comté, Lyon 3 et Toulouse 1.

Dans ce domaine encore, l’Université de Thammasat impressionne puisque vous avez signé des accords de coopération avec tant d’autres établissements supérieurs français comme, (je prends mon souffle), l’EDHEC, HEC, Sciences Po, l’Université de Caen, l’Université de Nancy, l’ICN School of business, l’ESCP Europe, l’ISC Paris, l’Université de Bordeaux IV, l’ESC Rouen, l’Université de Lille 2, l’Université d’Angers, l’Université de Paris X – Nanterre, l’INALCO, l’ISEP ainsi que le réseau d’écoles d’ingénieur n+i et j’en oublie certainement.

Mesdames et Messieurs,

En vous souhaitant demain des débats aussi riches que ceux que vous avez eus aujourd’hui, je veux vous assurer de la mobilisation de la France pour faire vivre dans la durée ces échanges académiques. Car c’est sur le partage de la connaissance et des savoirs que s’est forgée l’amitié solide et durable qui nous rassemble ce soir.

Je vous remercie.

publié le 23/07/2019

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