La mission Jeanne d’Arc : symbole du renforcement de la coopération de défense bilatérale entre la France et l’Australie dans la région Asie-Pacifique

Le rehaussement récent du partenariat stratégique entre la France et l’Australie s’illustre une nouvelle fois de façon concrète avec l’organisation au large de Darwin d’exercices entre les marines des deux pays.
Le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral et la frégate furtive Courbet ont appareillé de Toulon, le 28 février, pour réaliser ces activités aux antipodes de la France métropolitaine. Ce déploiement de cinq mois les a conduits en Inde, au Vietnam, en Chine, au Japon et aux États-Unis (Guam), cinq partenaires stratégiques de la France. Les bâtiments sont arrivés en escale en Australie le 27 mai, à Darwin, où ils resteront 4 jours.
Ils conduisent la mission « Jeanne d’Arc » qui assure la formation opérationnelle des officiers-élèves de la marine nationale dans un cadre interarmées et interallié. Cette année, outre les 137 officiers-élèves (Midshipmen), un détachement britannique, composé d’une soixantaine de personnes et de deux hélicoptères Merlin, sont embarqués à bord du Mistral.
La navigation et tous les exercices sont conduits dans le strict respect de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. La France, pays riverain de l’Asie-Pacifique, entend ainsi rappeler une nouvelle fois son attachement à la liberté de navigation et à la sécurité des voies de communication maritimes. Elle exerce son droit de manière régulière dans la région en déployant ses bâtiments stationnés en France métropolitaine, comme c’est ici le cas, et, plus fréquemment, ceux basés en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie. Cette présence est l’une des missions des 3 000 militaires pré-positionnés à Tahiti et Nouméa. L’arrivée en 2016 des deux nouveaux bâtiments multi missions D’Entrecasteaux et Bougainville témoigne de la volonté de la France de maintenir un niveau d’engagement militaire de grande qualité dans le Pacifique Sud.
Au large des côtes australiennes, le groupe Jeanne d’Arc conduira des exercices avec des bâtiments de la marine royale australienne, notamment dans le domaine amphibie. Les deux marines, qui sont déployées en opérations dans les mêmes zones et s’entraînent régulièrement ensemble, se connaissent bien.
Elles interviennent depuis plusieurs années dans l’océan Indien dans le cadre de la lutte anti-terrorisme et de la lutte anti-piraterie. Au printemps 2016, la frégate Darwin avait ainsi rejoint le porte-avions Charles de Gaulle et le groupe aéronaval pendant quelques jours au large du détroit d’Ormuz.
Les forces armées des deux Nations sont d’ailleurs déployées sur un même théâtre, le Levant. En surface comme dans les airs, elles soutiennent les armées irakiennes dans la lutte contre Daech et démontrent leur haut niveau d’interopérabilité à l’instar des ravitaillements en vol régulièrement réalisés par le KC30 (MRTT australien) au profit des Rafale français.
Dans le Pacifique sud, nos bâtiments sont fréquemment sollicités pour porter assistance aux États insulaires en cas de catastrophes naturelles comme ce fut le cas lors du passage des cyclones PAM au Vanuatu en 2015 et WINSTON aux Fidji en 2016. La mise en œuvre des accords FRANZ, qui lient la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, permet d’apporter un soutien d’urgence adapté dans les meilleurs délais. Le groupe Jeanne d’Arc offre aussi, lors de ce passage en Asie-Pacifique, une capacité de conduite de missions d’assistance importante, en cas de catastrophe, comme ce fut le cas en Indonésie en 2004.
Dans l’océan Austral et le Pacifique sud, le changement climatique et la raréfaction de la ressource halieutique entraînent une augmentation importante des activités de pêches illégales comme les experts l’observent depuis quelques mois en Mer de Corail. La coopération bilatérale et multilatérale dans le cadre des accords QUAD (Australie, Etats-Unis, France, Nouvelle-Zélande) est essentielle pour faire face aux contrevenants dont les moyens ne cessent de se moderniser.
Les exercices organisés par l’Australie (KAKADU, Pitch Black, etc.) et la France (CROIX DU SUD, etc.) sont autant d’opportunités pour maintenir le haut niveau d’entraînement et d’interopérabilité de nos forces avec nos alliés. L’exercice CROIX DU SUD, organisé en 2016 en Nouvelle-Calédonie, a permis de réunir près de 1 700 militaires de 12 nationalités différentes.
L’Australie et la France partagent les mêmes valeurs. Attachées au respect d’un ordre international fondé sur le droit et encourageant le dialogue multilatéral, ces deux Nations s’engagent ou s’entraînent ensemble pour promouvoir la sécurité et la stabilité internationale aux côtés de leurs alliés et partenaires majeurs.

publié le 29/05/2017

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