S’informer et se protéger en période de forte pollution atmosphérique

Des taux importants de pollution de l’air sont régulièrement relevés à Bangkok et en Thaïlande notamment en ce début d’année.

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Qu’est-ce que la pollution atmosphérique ?

Notre atmosphère se compose à 78% d’azote, à 21% d’oxygène et à 1% de gaz dits rares (argon, néon et hélium notamment). A ces gaz s’ajoutent d’autres composés (gaz et particules) considérés comme des polluants lorsqu’ils présentent une gêne ou un risque pour la santé humaine et pour l’environnement.

La pollution de l’air, à l’intérieur comme à l’extérieur des locaux, est un problème majeur de santé environnementale touchant aussi bien les pays développés que ceux en développement. En effet, lorsque l’air que nous respirons transporte des agents polluants, ceux-ci sont à l’origine de nombreux symptômes tels que :

- gêne respiratoire ;
- toux et maux de gorge ;
- maux de tête ;
- irritation des yeux.

La pollution atmosphérique peut aussi déclencher des crises d’asthme (chez les asthmatiques) ou diminuer la capacité respiratoire chez l’enfant. Les effets sanitaires indésirables de la pollution atmosphérique s’exercent à court ou à long terme. Ils peuvent être immédiats ou retardés.

Les manifestations varient selon :

- la nature et la concentration des polluants ;
- la durée d’exposition, et
- la sensibilité de chaque individu.

Ainsi, les enfants et les personnes âgées, de même que les personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardio-vasculaires sont plus sensibles à la pollution atmosphérique.

On connaît moins bien les effets de la pollution à long terme (10-20 ans). Cependant, de nombreuses études épidémiologiques concordent sur l’existence d’un facteur de risque dû à la pollution urbaine respirée au quotidien sur des durées d’exposition longues, qui se manifesterait par une augmentation du risque de mortalité cardio-vasculaire, une diminution de la fonction respiratoire, une perte d’espérance de vie et une augmentation du risque de cancer.

La mesure de la qualité de l’air

Il existe plusieurs dispositifs de mesure de la qualité de l’air.

L’indice de qualité de l’air (IQA) synthétise les principaux polluants atmosphériques, y compris les particules fines, traceurs des activités de transport, urbaines et industrielles.

La valeur de cet indice mesure le degré de pollution présent dans l’atmosphère, comme l’indique le tableau suivant :

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Cet indice peut être consulté sur les sites suivants :

http://aqicn.org/city/bangkok/fr/ (site international, en français)

http://air4thai.pcd.go.th/webV2/index.php (site thaïlandais, en thaï et anglais)

Calculateur - Indicateurs des taux de pollution

Le calculateur ci-dessous permet d’obtenir une équivalence entre l’indice de qualité de l’air et le taux de mesure en PM 2.5 qui sert également de référence.

https://airnow.gov/index.cfm?action=airnow.calculator

La ville de Bangkok dispose ainsi d’un système de suivi des taux de pollution exprimé en taux de concentration PM10 et PM2.5 : https://bangkokairquality.com/bma/?lang=en

Comment limiter son exposition en cas de pic de pollution ?

En cas d’épisode de pollution, il est recommandé :

- d’éviter les efforts physiques soutenus en plein air (endurance) ;
- de suivre scrupuleusement son traitement (asthmatique, cardiaque...), et de ne pas hésiter à consulter son médecin en cas de problèmes respiratoires ou de malaise ;
- d’éviter d’aggraver les effets de la pollution par des facteurs irritants (tabac, utilisation de peinture, solvants, colles…) ;
- de ne pas modifier ses pratiques habituelles d’aération et de ventilation de son habitation ;
- dans la mesure du possible, d’éviter d’utiliser son véhicule.

En cas de pollution due à l’ozone, il est préférable de limiter ses sorties durant les heures les plus chaudes de la journée, lorsque les concentrations de ce polluant sont les plus élevées.

Lors des pics de pollution de l’air, il est généralement conseillé de rester autant que possible à l’intérieur, surtout pour les enfants, les personnes âgées ou malades, de boire beaucoup d’eau, de garder les portes et les fenêtres fermées.

Quelle est l’efficacité des masques pour se protéger de la pollution ?

Aucun masque ne peut retenir grâce à ses filtres les nombreux gaz polluants, ni les particules ultra-fines qui sont susceptibles de pénétrer le plus profondément dans l’appareil respiratoire.

En revanche, les masques permettent de stopper les particules les plus grosses, et donc de limiter l’irritation des voies respiratoires supérieures, à l’instar – mais avec certes une meilleure efficacité – des masques chirurgicaux et autres foulards. Notons que nos voies respiratoires filtrent et évacuent naturellement ces particules plus grossières.

En conclusion, porter un masque permet de limiter l’encombrement des voies respiratoires supérieures mais n’assure pas une protection complète contre tous les éléments polluants présents dans l’atmosphère.

A l’extérieur, porter un masque facial type N95 permet néanmoins de limiter l’inhalation de certains agents polluants.

Quelles sont les personnes les plus fragiles face à la pollution atmosphérique ?

- les enfants, car leurs poumons continuent de se former jusqu’à l’âge de 8 ans ;
- les femmes enceintes, qui transmettent une partie des polluants respirés à leurs enfants ;
- les personnes âgées, car la capacité respiratoire diminue dès l’âge de 30 ans ;
- les asthmatiques, que leur maladie rend plus sensibles au pouvoir irritant des polluants ;
- les insuffisants respiratoires et cardiaques, dont la santé est fragilisée ;
- les fumeurs, dont l’appareil respiratoire est déjà irrité par l’usage du tabac.

Quelques règles simples à suivre pour lutter contre la pollution atmosphérique

- Préférer les transports en commun, le vélo ou la marche ;
- Au volant, adopter une conduite calme. Evitez les freinages et accélérations brusques qui multiplient l’émission des polluants ;
- Faire effectuer régulièrement le contrôle antipollution de son véhicule, surtout s’il est ancien ;
- Pratiquer autant que possible le covoiturage ;
- Laisser le moins possible le moteur de son véhicule tourner à l’arrêt ;
- Éviter de faire le plein de son véhicule aux heures chaudes de la journée, pour limiter les vapeurs d’essence.

publié le 17/01/2020

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